Bar sans alcool : faut-il une licence ?
Bar à jus, bar à mocktails, coffee shop, salon de thé : ouvrir un bar qui ne sert aucune boisson alcoolisée ne demande ni licence ni permis d'exploitation. La licence de première catégorie, qui couvrait les boissons sans alcool, a été supprimée en 2011. Le projet reste soumis aux règles d'un commerce recevant du public, et à celles de l'hygiène s'il prépare des boissons ou des plats. Voici ce qu'il faut savoir avant d'ouvrir.
L'essentiel
- Aucune licence n'est nécessaire pour vendre uniquement des boissons sans alcool, sur place ou à emporter.
- Le permis d'exploitation n'est pas exigé tant qu'aucune boisson alcoolisée n'est vendue.
- Les bières et vins « sans alcool » restent des boissons sans alcool si leur teneur ne dépasse pas 1,2 degré.
- Dès que vous ajoutez de l'alcool à la carte, il faut une licence et le permis d'exploitation.

Pourquoi aucune licence n'est-elle nécessaire ?
Les boissons sont classées en groupes. Le premier groupe réunit les boissons sans alcool : eaux, jus de fruits et de légumes, sodas, limonades, sirops, thé, café, chocolat, infusions, lait, et les boissons qui ne contiennent pas plus de 1,2 degré d'alcool. Leur vente nécessitait autrefois une licence de première catégorie. Celle-ci a été supprimée en 2011 : depuis, vendre ces boissons est libre, sur place comme à emporter.
Le guide de permis-de-exploitation.fr revient sur cette évolution dans son article qu'est-ce que la licence 1 ?
Les bières et vins sans alcool comptent-ils comme de l'alcool ?
Une boisson présentée comme « sans alcool » relève du premier groupe si sa teneur en alcool ne dépasse pas 1,2 degré. C'est le cas de la plupart des bières et vins désalcoolisés. Vérifiez néanmoins l'étiquette de chaque produit : certaines boissons fermentées, comme le kombucha ou certains cidres doux, peuvent dépasser ce seuil selon leur fabrication. Au-delà de 1,2 degré, la boisson n'est plus une boisson sans alcool et sa vente demande une licence.
Les cocktails sans alcool, ou mocktails, préparés avec des jus, des sirops et des eaux gazeuses, ne posent aucun problème. Un trait de spiritueux ou de vin, même pour l'arôme, change la donne.
Quelles règles s'appliquent quand même ?
- L'hygiène : préparer des jus pressés, des smoothies ou des boissons au lait, c'est manipuler des denrées. Si vous servez aussi à manger, au moins une personne de l'équipe doit avoir suivi la formation en hygiène alimentaire. Les bonnes pratiques du comptoir sont dans l'article l'hygiène dans un bar.
- Les allergènes : pour les préparations maison, les clients doivent pouvoir connaître les allergènes, comme le lait, les fruits à coque ou le soja.
- Les prix : les prix sont affichés à l'intérieur et à l'extérieur, comme dans tout café. Notre article sur la carte des boissons détaille les mentions.
- Le local : les règles de sécurité et d'accessibilité des établissements recevant du public s'appliquent, ainsi que le bail commercial et l'immatriculation de l'entreprise.
- La musique : la diffusion de musique se déclare à la Sacem, comme l'explique l'article bruit et musique dans un bar.
Quelles démarches pour ouvrir un bar sans alcool ?
- Créer l'entreprise et l'immatriculer par le guichet unique des formalités d'entreprises.
- Déclarer l'activité si vous préparez ou servez des produits d'origine animale, comme le lait d'un cappuccino, la crème ou des pâtisseries : la déclaration se fait avant l'ouverture auprès de la direction départementale de la protection des populations, avec le formulaire Cerfa n° 13984.
- Vérifier le local : le bail doit autoriser l'activité, et le local respecter les règles de sécurité incendie et d'accessibilité des établissements recevant du public. Un registre public d'accessibilité doit être tenu à la disposition des clients.
- Demander l'autorisation de terrasse à la mairie si vous installez des tables sur le trottoir.
Aucune déclaration de licence en mairie n'est nécessaire tant que la carte reste sans alcool.
Comment construire une carte sans alcool rentable ?
Un bar sans alcool ne peut pas compter sur la marge des spiritueux et du vin. Sa carte doit donc être pensée pour que chaque boisson rapporte :
- privilégiez les préparations maison, mocktails, limonades, thés glacés, sirops et infusions, qui coûtent peu à produire et se vendent plus cher qu'une boisson en bouteille ;
- soignez la présentation, verrerie, garnitures, glace pilée : c'est elle qui justifie le prix ;
- limitez le nombre de références pour réduire les pertes de fruits frais ;
- proposez de quoi manger, qui augmente le ticket moyen, en respectant les obligations d'hygiène ;
- calculez le coût de chaque recette, comme l'explique l'article fixer ses prix : marge et coefficient ; les boissons sans alcool servies sur place relèvent en général du taux de TVA de 10 %.
Les bières et vins désalcoolisés, de plus en plus demandés, complètent la carte pour une clientèle qui veut l'ambiance du bar sans l'alcool. Achetés plus cher qu'un soda, ils demandent un prix de vente en conséquence.
Les erreurs à éviter
- signer un bail dans une zone protégée alors que vous envisagez de servir de l'alcool plus tard ;
- oublier la déclaration sanitaire alors que la carte comprend des boissons au lait ou des pâtisseries ;
- vendre un kombucha ou une boisson fermentée maison sans connaître son degré d'alcool ;
- sous-estimer le coût des fruits frais et des pertes ;
- proposer une carte trop longue, difficile à tenir aux heures de pointe.
Quel type de bar sans alcool ouvrir ?
Le marché des boissons sans alcool s'est beaucoup diversifié :
- le bar à jus et à smoothies, qui mise sur les fruits frais et la rapidité, souvent près des bureaux ou des salles de sport ;
- le coffee shop, centré sur les cafés de spécialité et les pâtisseries ;
- le bar à mocktails, qui propose une expérience de bar en soirée sans alcool ;
- le salon de thé, avec sa carte de thés et de pâtisseries.
Chacun a son budget et sa clientèle. Les étapes de la création, du local au financement, sont décrites dans les articles ouvrir un café et quel budget pour ouvrir un bar ?
Et si vous voulez ajouter de l'alcool plus tard ?
Beaucoup de projets démarrent sans alcool puis ajoutent bières et vins pour l'apéritif. Il faut alors :
- une licence III pour la bière, le vin et le cidre, ou une licence IV pour les spiritueux, à racheter puisque sa création est interdite ;
- la formation au permis d'exploitation pour l'exploitant ;
- une déclaration en mairie au moins quinze jours avant de commencer la vente, avec le formulaire Cerfa n° 11542 ;
- les affichages obligatoires d'un débit de boissons, dont l'affiche sur la protection des mineurs.
Si l'alcool n'est servi qu'au cours des repas, une petite licence restaurant ou une licence restaurant peut suffire. Anticipez ce choix dès la signature du bail : un local situé dans une zone protégée ne pourra pas accueillir de débit de boissons alcoolisées.
Découvrir la formation au permis d'exploitation
Questions fréquentes
Faut-il une licence pour ouvrir un bar à jus ?
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Non. La vente de boissons sans alcool ne demande aucune licence depuis la suppression de la licence de première catégorie en 2011.
Faut-il le permis d'exploitation pour un bar sans alcool ?
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Non. Le permis d'exploitation n'est exigé que pour les établissements qui vendent des boissons alcoolisées.
Une bière sans alcool est-elle considérée comme de l'alcool ?
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Non, si sa teneur en alcool ne dépasse pas 1,2 degré : elle appartient alors aux boissons sans alcool.
Faut-il la formation en hygiène alimentaire ?
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Oui, si votre établissement sert à manger. Au moins une personne de l'équipe doit être formée ou dispensée.
Que faire pour servir du vin plus tard ?
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Obtenir une licence III, suivre la formation au permis d'exploitation et déclarer l'activité en mairie au moins quinze jours avant de commencer la vente.
Faut-il déclarer un bar à jus à la DDPP ?
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Oui, si vous préparez ou servez des produits d'origine animale, comme du lait ou de la crème : la déclaration se fait avant l'ouverture, avec le formulaire Cerfa n° 13984.
Le kombucha peut-il être vendu sans licence ?
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Oui, s'il ne dépasse pas 1,2 degré d'alcool. Vérifiez l'étiquette : selon leur fabrication, certains kombuchas peuvent dépasser ce seuil.