Reprendre un bar : quelles étapes et quels pièges ?
Reprendre un bar existant permet de démarrer avec une clientèle, un local aménagé et, souvent, une licence. C'est aussi un achat qui se prépare : un fonds de commerce mal audité, une licence fragile ou un bail défavorable peuvent coûter cher. Voici les étapes d'une reprise, les vérifications à faire et les formalités propres aux débits de boissons.
L'essentiel
- La reprise passe le plus souvent par le rachat du fonds de commerce, parfois par celui des parts de la société qui l'exploite.
- Avant de signer, vérifiez les comptes, le bail, la licence, la conformité du local et les contrats en cours.
- Le repreneur doit être titulaire du permis d'exploitation et déclarer la mutation de la licence en mairie au moins quinze jours avant de reprendre l'exploitation.
- La cession fait l'objet d'un acte écrit, d'une publicité légale et du paiement de droits d'enregistrement.

Racheter le fonds ou les parts de la société ?
Deux voies existent. Le rachat du fonds de commerce transfère la clientèle, le nom, le droit au bail, le matériel et, en principe, la licence ; vous repartez avec votre propre structure, sans reprendre les dettes du vendeur. Le rachat des parts de la société qui exploite le bar transfère toute la société, avec son passé, ses contrats et ses éventuelles dettes ; il demande un audit encore plus poussé et une garantie d'actif et de passif. Le choix dépend du prix, de la fiscalité et de la situation de la société : faites-vous conseiller par un avocat ou un expert-comptable.
Quelles vérifications faire avant d'acheter ?
Les comptes
Demandez les bilans et comptes de résultat des trois derniers exercices, le détail du chiffre d'affaires par mois et par type de boisson si possible, et les principales charges : loyer, salaires, achats. Comparez le chiffre déclaré avec l'activité que vous observez sur place, à différentes heures et différents jours.
Le bail
Lisez le bail commercial en entier : durée restante, loyer et révision, activités autorisées, travaux à la charge du locataire, clause de cession. Un bail qui n'autorise pas l'activité de débit de boissons, ou qui arrive bientôt à échéance, change la valeur du fonds.
La licence
Vérifiez la catégorie de licence, demandez le récépissé de déclaration et assurez-vous que l'établissement a été exploité au cours des cinq dernières années : au-delà, la licence est considérée comme supprimée. Renseignez-vous aussi sur une éventuelle fermeture administrative passée ou en cours. Notre article sur le prix d'une licence 4 détaille ces points.
Le local et les contrats
- la conformité aux règles de sécurité et d'accessibilité des établissements recevant du public, et l'étude d'impact des nuisances sonores si le bar diffuse de la musique : voir bruit et musique dans un bar ;
- les contrats en cours, en particulier celui du brasseur qui a pu prêter la tireuse à bière contre un engagement d'achat ;
- les salariés : en cas de rachat du fonds, leurs contrats de travail sont transférés au repreneur ;
- l'état du matériel, de la cuisine et des installations électriques.
La reprise d'un bar, étape par étape
- Avant de signerVisites, comptes des trois derniers exercices, bail, licence, contrats en cours. Lettre d'intention et négociation.
- La promesse de cessionSignée sous conditions suspensives : prêt, accord du bailleur, absence de préemption. Les salariés sont informés du projet.
- Le financement et la formationApport, prêt bancaire, prêt d'honneur. Le repreneur suit la formation au permis d'exploitation.
- Au moins quinze jours avant la repriseDéclaration de la mutation de la licence en mairie, permis d'exploitation à l'appui.
- L'acte de cession et le jour de la repriseSignature de l'acte, inventaire du stock, relevé des compteurs, clés et contrats à votre nom.
- Les formalitésEnregistrement de l'acte et paiement des droits, publication dans un journal d'annonces légales et au Bodacc.
- Dix jours après la dernière publicationSans opposition des créanciers du vendeur, le prix conservé par le rédacteur de l'acte peut lui être versé.
Quelles sont les étapes de la reprise ?
- La lettre d'intention et la négociation du prix et des conditions.
- L'information des salariés, que le vendeur doit prévenir de son projet de cession dans les entreprises de moins de 250 salariés, pour leur permettre de présenter une offre.
- La promesse de cession, souvent signée sous conditions suspensives : obtention du prêt, accord du bailleur, absence de préemption par la commune.
- Le financement : apport personnel, prêt bancaire, prêt d'honneur, aides à la création ou à la reprise d'entreprise.
- L'acte de cession, qui comporte des mentions obligatoires sur le chiffre d'affaires et les résultats des derniers exercices.
- Les formalités : enregistrement de l'acte et paiement des droits, publicité légale, période pendant laquelle les créanciers du vendeur peuvent faire opposition sur le prix.
- La mutation de la licence, déclarée en mairie au moins quinze jours avant de reprendre l'exploitation, avec le formulaire Cerfa n° 11542.
Comment estimer le prix d'un bar ?
Le prix d'un fonds de commerce de bar se négocie, mais il s'appuie sur des repères :
- le chiffre d'affaires des derniers exercices, que les professionnels de la cession comparent à celui de bars du même type ;
- la rentabilité, mesurée par l'excédent brut d'exploitation, c'est-à-dire ce que le bar dégage avant les amortissements, les frais financiers et l'impôt ;
- l'emplacement et le bail : un bail long, à loyer raisonnable, sur une place passante, a beaucoup de valeur ;
- la licence, surtout une licence IV dans une commune où elles sont rares ;
- l'état du local et du matériel, qui annonce ou non des travaux.
Le prix couvre la clientèle, le nom, le droit au bail, la licence et le matériel. Le stock de boissons se paie en général à part, sur inventaire, le jour de la reprise. Faites établir une évaluation par un expert-comptable avant de faire une offre.
Combien coûtent les droits d'enregistrement ?
La cession d'un fonds de commerce est soumise à des droits d'enregistrement, en principe payés par l'acheteur. Le barème est progressif :
| Part du prix | Taux |
|---|---|
| jusqu'à 23 000 € | 0 % |
| de 23 000 € à 200 000 € | 3 % |
| au-delà de 200 000 € | 5 % |
Exemple : pour un fonds vendu 150 000 €, les droits s'élèvent à 3 % de 127 000 €, soit 3 810 €. Le barème est présenté sur la page cession de fonds de commerce du site des impôts. S'y ajoutent les honoraires de l'acte.
Payer le prix : le délai d'opposition des créanciers
Après la vente, la cession est publiée dans un journal d'annonces légales et au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Pendant les dix jours qui suivent la dernière publication, les créanciers du vendeur peuvent faire opposition sur le prix. C'est pourquoi le prix est d'abord conservé par l'avocat ou le notaire qui a rédigé l'acte : l'acheteur qui paierait directement le vendeur avant la fin de ce délai pourrait devoir payer une seconde fois.
La transition avec le vendeur et le jour de la reprise
Une période d'accompagnement, prévue dans l'acte, permet au vendeur de vous présenter aux habitués, aux fournisseurs et à l'équipe. Une clause de non-concurrence l'empêche d'ouvrir un bar concurrent à proximité, pendant une durée et dans un périmètre définis. Le jour de la reprise :
- faites l'inventaire du stock et du matériel avec le vendeur ;
- relevez les compteurs d'eau, d'électricité et de gaz ;
- récupérez les clés, les codes d'alarme et les accès aux logiciels ;
- mettez à votre nom l'assurance, les contrats d'énergie, la déclaration à la Sacem et le terminal de paiement ;
- vérifiez que la pancarte de licence, les affichages obligatoires et le récépissé de la déclaration de mutation sont en place.
Faut-il le permis d'exploitation pour reprendre un bar ?
Oui. Le changement d'exploitant d'une licence, appelé mutation, impose au repreneur d'être titulaire du permis d'exploitation au moment de la déclaration. Prévoyez la formation de 20 heures sur trois jours avant la date de reprise : elle se suit en salle ou en visioconférence. Si le bar sert à manger, au moins une personne de l'équipe doit aussi avoir suivi la formation en hygiène alimentaire.
Le guide de permis-de-exploitation.fr présente en détail la mutation, la translation et le transfert de licence.
Trouver une session du permis d'exploitation
Les pièges les plus fréquents
- un chiffre d'affaires surévalué, que rien ne vient confirmer dans les comptes ;
- un bail proche de son terme ou qui interdit certaines activités ;
- une licence inexploitée depuis longtemps, ou qui ne peut pas suivre le bar si vous le déplacez ;
- un contrat de brasseur avec des volumes d'achat difficiles à tenir ;
- des travaux de mise aux normes sous-estimés ;
- une trésorerie trop juste pour passer les premiers mois.
Pour chiffrer la reprise et la présenter à une banque, appuyez-vous sur nos articles quel budget pour ouvrir un bar ? et le business plan d'un bar, et prévoyez dès le départ une assurance adaptée.
Questions fréquentes
La licence est-elle comprise dans le rachat d'un bar ?
+
En général oui, quand vous rachetez le fonds de commerce. Vérifiez qu'elle figure bien dans l'acte et que l'établissement a été exploité au cours des cinq dernières années.
Faut-il déclarer la reprise en mairie ?
+
Oui. La mutation de la licence se déclare au moins quinze jours avant de reprendre l'exploitation, avec le formulaire Cerfa n° 11542.
Les salariés du bar sont-ils repris ?
+
En cas de rachat du fonds de commerce, les contrats de travail en cours sont transférés au repreneur.
Combien de temps prend une reprise ?
+
Comptez plusieurs mois entre la première visite et l'ouverture, selon le financement, les conditions suspensives et les formalités.
Peut-on reprendre un bar sans expérience ?
+
Oui. La formation au permis d'exploitation est obligatoire et donne les bases réglementaires ; un accompagnement par un expert-comptable et une période de transition avec le vendeur aident à bien démarrer.
Le stock est-il compris dans le prix du bar ?
+
En général non : il se paie à part, sur inventaire, le jour de la reprise.
Combien coûtent les droits d'enregistrement d'une reprise ?
+
Rien jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 € et 5 % au-delà, en principe à la charge de l'acheteur. Pour un fonds de 150 000 €, cela représente 3 810 €.