Bruit et musique dans un bar : limiteur de son, étude d'impact, Sacem
La musique fait l'ambiance d'un bar, mais elle est aussi la première cause de plaintes du voisinage et de fermetures administratives. Dès que vous diffusez de la musique amplifiée de façon habituelle, la réglementation fixe des niveaux sonores à ne pas dépasser, impose une étude de l'impact des nuisances sonores et, souvent, un limiteur de son. Voici les règles, les équipements et les déclarations à faire.
L'essentiel
- Dans un lieu qui diffuse des sons amplifiés, le niveau ne doit pas dépasser 102 dB(A) et 118 dB(C) en moyenne sur 15 minutes.
- Un établissement qui diffuse de la musique amplifiée de façon habituelle réalise une étude de l'impact des nuisances sonores, qui peut imposer un limiteur de son.
- Le public doit être informé des risques, disposer gratuitement de protections auditives et de zones de repos auditif.
- La diffusion de musique, même en fond sonore, se déclare à la Sacem.

Quelles règles pour la musique amplifiée ?
Le décret du 7 août 2017 sur les sons amplifiés, repris à l'article R. 1336-1 du code de la santé publique, protège à la fois l'audition du public et la tranquillité des riverains. Il s'applique aux lieux qui diffusent de la musique amplifiée, qu'il s'agisse de concerts, de DJ ou de musique enregistrée diffusée à fort volume. Dans ces lieux, l'exploitant doit :
- ne pas dépasser 102 dB(A) et 118 dB(C) en niveau moyen sur 15 minutes, en tout endroit accessible au public ; les valeurs sont plus basses pour les spectacles destinés aux enfants de moins de six ans ;
- informer le public sur les risques auditifs ;
- mettre à disposition gratuitement des protections auditives adaptées ;
- aménager des zones ou des périodes de repos auditif, où le niveau est plus faible ;
- pour les lieux de plus de 300 personnes et les discothèques, enregistrer en continu les niveaux sonores, les afficher et conserver les enregistrements.
Qu'est-ce que l'étude de l'impact des nuisances sonores ?
L'étude de l'impact des nuisances sonores, souvent appelée EINS, est réalisée par un acousticien pour les établissements qui diffusent habituellement de la musique amplifiée. Elle mesure comment le bruit du bar se transmet aux logements voisins et fixe, si nécessaire, les travaux d'isolation à réaliser et le niveau maximal à ne pas dépasser dans la salle. Elle doit être tenue à la disposition des agents de contrôle. Ses règles figurent aux articles R. 571-25 à R. 571-28 du code de l'environnement.
Lorsque l'étude le prévoit, l'établissement installe un limiteur de son.

Comment se déroule l'étude d'impact ?
- Le diagnostic : l'acousticien mesure les niveaux dans la salle et chez les voisins les plus exposés, de jour comme de nuit.
- Les préconisations : il fixe le niveau sonore maximal à respecter et, si besoin, les travaux d'isolation, comme un sas d'entrée, un doublage des murs ou un plafond désolidarisé.
- Le réglage : le limiteur, quand il est prévu, est réglé sur ces conclusions puis verrouillé.
- La mise à jour : l'étude se refait si vous modifiez l'aménagement de la salle, l'activité ou la sonorisation, comme le prévoit l'article R. 571-27 du code de l'environnement.
Faites réaliser l'étude avant l'ouverture, ou avant de lancer les soirées musicales : les travaux d'isolation sont beaucoup plus simples à prévoir que dans une salle déjà aménagée.
À quoi sert un limiteur de son ?
Le limiteur de son, ou limiteur de pression acoustique, est un appareil branché sur la sonorisation. Réglé selon les conclusions de l'étude d'impact, il mesure en permanence le niveau sonore dans la salle et coupe ou réduit le son lorsqu'un seuil est dépassé. Le réglage est fait par un professionnel et verrouillé : ni l'équipe ni un DJ invité ne peuvent le contourner.
Le limiteur protège l'exploitant autant que les voisins : en cas de plainte, il prouve que le niveau autorisé a été respecté. Gardez son certificat de réglage avec l'étude d'impact.
Le bruit des clients et de la terrasse
Le bruit ne vient pas seulement de la musique. Les conversations en terrasse, les clients qui fument devant la porte ou qui partent en fin de soirée génèrent aussi des plaintes. Le bruit de voisinage, de jour comme de nuit, est sanctionné dès lors qu'il porte atteinte à la tranquillité du voisinage par sa durée, sa répétition ou son intensité. Quelques gestes limitent les conflits :
- rentrer la terrasse à l'heure prévue par l'autorisation municipale ;
- demander aux clients de parler moins fort en partant, par un panneau près de la sortie ;
- fermer portes et fenêtres pendant les soirées musicales ;
- rencontrer les voisins avant l'ouverture et leur laisser un numéro où vous joindre.
Les horaires de fermeture fixés par arrêté préfectoral comptent aussi : voyez l'article à quelle heure un bar doit-il fermer ?
Que risque un bar trop bruyant ?
Un dépassement des niveaux sonores ou des nuisances répétées exposent l'exploitant à des amendes et, surtout, à une fermeture administrative décidée par le préfet, prévue par l'article L. 3332-15 du code de la santé publique. L'atteinte à la tranquillité publique est un motif fréquent de fermeture pour les bars. Elle fait perdre des semaines de chiffre d'affaires et pèse sur la valeur du fonds. Ces risques et la façon de les prévenir font partie du programme de la formation au permis d'exploitation. Le guide de permis-de-exploitation.fr détaille par ailleurs la fermeture administrative d'un débit de boissons.
Une assurance responsabilité civile adaptée couvre une partie des risques, mais pas les sanctions administratives.
Concerts et retransmissions : les autres démarches
- Les concerts : les artistes rémunérés doivent être déclarés, le plus souvent par le guichet unique du spectacle occasionnel (GUSO), même pour une seule date. Un bar qui programme des concerts régulièrement relève de la réglementation des entrepreneurs de spectacles : renseignez-vous auprès de la direction régionale des affaires culturelles.
- Les retransmissions sportives : diffuser un match dans un lieu ouvert au public demande un abonnement professionnel auprès du diffuseur, et non l'abonnement d'un particulier.
- Les soirées avec DJ : elles s'ajoutent à la déclaration à la Sacem et doivent respecter les niveaux sonores et l'étude d'impact.
Faut-il déclarer la musique à la Sacem ?
Oui. Diffuser de la musique dans un lieu ouvert au public, même en fond sonore à partir d'une radio ou d'une liste de lecture, demande une autorisation de la Sacem et le paiement de droits d'auteur. La diffusion de musique enregistrée donne aussi lieu à la rémunération équitable, due aux artistes-interprètes et aux producteurs, que la Sacem perçoit pour le compte de la SPRE. Le montant dépend du type d'établissement, de la taille de la salle et de l'usage de la musique : fond sonore, soirées avec DJ ou concerts. La déclaration se fait avant l'ouverture, en ligne.
Se former au permis d'exploitation
Les textes de référence
Les règles de cette page s'appuient sur les textes suivants, vérifiés sur Légifrance le 22 octobre 2026 :
- Décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 et code de la santé publique, article R. 1336-1 : niveaux sonores, information du public, protections auditives, zones de repos.
- Code de l'environnement, articles R. 571-25 à R. 571-28 : lieux qui diffusent des sons amplifiés, étude de l'impact des nuisances sonores.
- Code de la santé publique, article L. 3332-15 : fermeture administrative par le préfet.
- Code de l'environnement, article R. 571-27 : étude de l'impact des nuisances sonores et sa mise à jour.
Questions fréquentes
Quel est le niveau sonore maximal dans un bar ?
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Dans un lieu qui diffuse des sons amplifiés, 102 dB(A) et 118 dB(C) en moyenne sur 15 minutes, en tout endroit accessible au public.
Un limiteur de son est-il obligatoire ?
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Il l'est lorsque l'étude de l'impact des nuisances sonores le prévoit, ce qui est fréquent pour les bars situés sous ou à côté de logements.
Faut-il payer la Sacem pour une simple musique de fond ?
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Oui. Toute diffusion de musique dans un lieu ouvert au public demande une autorisation de la Sacem, même en fond sonore.
Faut-il distribuer des bouchons d'oreille ?
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Oui, dans les lieux qui diffusent de la musique amplifiée : des protections auditives adaptées doivent être mises gratuitement à la disposition du public.
Un bar peut-il être fermé pour le bruit ?
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Oui. Le préfet peut ordonner la fermeture administrative d'un établissement dont l'activité porte atteinte à la tranquillité publique.
Faut-il refaire l'étude d'impact après des travaux ?
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Oui, si les travaux modifient l'aménagement de la salle, l'activité ou la sonorisation : l'étude doit alors être mise à jour.
Peut-on diffuser un match de football dans un bar ?
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Oui, avec un abonnement professionnel auprès du diffuseur. L'abonnement d'un particulier ne permet pas une diffusion dans un lieu ouvert au public.