Comment faire le business plan d'un bar ?
Le business plan est le document qui présente votre projet de bar à une banque, à des associés ou à un bailleur : le concept, le marché, l'équipe, les investissements et les chiffres prévisionnels. C'est aussi, pour vous, le meilleur moyen de vérifier que le bar peut être rentable avant de signer. Voici le plan à suivre, partie par partie, et la méthode pour bâtir le prévisionnel.
L'essentiel
- Un business plan de bar tient en une vingtaine de pages : un résumé, le projet, le marché, l'organisation, les investissements et le prévisionnel financier.
- Le chiffre d'affaires se calcule à partir du nombre de clients, du ticket moyen et des jours d'ouverture, service par service.
- Le prévisionnel comprend un compte de résultat, un plan de financement et un plan de trésorerie sur trois ans.
- Les formations obligatoires, la licence et les assurances font partie des investissements de départ.

Que doit contenir le business plan d'un bar ?
Le résumé
Une page qui donne envie de lire la suite : le concept, l'emplacement, l'équipe, le montant à financer et le chiffre d'affaires attendu. Rédigez-la en dernier.
Le projet et le concept
Le type de bar, l'ambiance, la carte, les horaires, la capacité, la terrasse, les animations. Précisez si le bar sert à manger : cela change la licence possible, les formations et les investissements en cuisine.
L'étude de marché
La zone de chalandise, les flux de passants aux différentes heures, la clientèle visée, les bars concurrents et leurs prix. Allez compter les clients chez vos futurs concurrents à plusieurs moments de la semaine : ces observations rendent votre prévisionnel crédible.
L'offre et les prix
La carte, les prix et la marge attendue par type de boisson. La méthode du coefficient est expliquée dans l'article fixer ses prix : marge et coefficient, et les mentions obligatoires dans l'article carte des boissons.
L'organisation et l'équipe
Votre parcours, celui des associés, les embauches prévues et leur coût, les horaires de l'équipe. Les règles de recrutement sont dans l'article recruter un barman.
Le cadre juridique et réglementaire
Le statut de l'entreprise, la licence visée, les formations obligatoires de l'exploitant, la conformité du local. Un banquier sera rassuré de voir que vous connaissez les règles : licence III ou IV, permis d'exploitation, déclaration en mairie, et formation en hygiène alimentaire si vous servez à manger.
Comment estimer le chiffre d'affaires d'un bar ?
Raisonnez service par service : le matin, le midi, l'après-midi, l'apéritif, la soirée. Pour chacun, estimez le nombre de clients et le ticket moyen, puis multipliez par le nombre de jours d'ouverture. Tenez compte de la saisonnalité, des vacances et de la météo pour une terrasse.
| Service | Clients par jour | Ticket moyen | Chiffre d'affaires par jour |
|---|---|---|---|
| Matin | 40 | 2,50 € | 100 € |
| Midi | 30 | 12,00 € | 360 € |
| Après-midi | 25 | 4,00 € | 100 € |
| Apéritif et soirée | 60 | 9,00 € | 540 € |
| Total | 155 | 1 100 € |
Les chiffres de ce tableau sont un exemple de méthode, pas une référence : vos propres observations sur le terrain doivent les remplacer. Multipliés par les jours d'ouverture, ils donnent le chiffre d'affaires annuel, à présenter dans une hypothèse prudente et une hypothèse plus favorable.
Les six parties d'un business plan de bar
- Le résuméUne page : le concept, l'emplacement, l'équipe, le montant à financer. Rédigé en dernier.
- Le projetLe type de bar, la carte, les horaires, la capacité, la terrasse, les animations.
- Le marchéLa zone de chalandise, la clientèle visée, les bars concurrents et leurs prix.
- L'organisationVotre parcours, les associés, les embauches, la licence et les formations obligatoires.
- Les investissementsLe local, la licence, les travaux, le matériel, le premier stock, la trésorerie de départ.
- Le prévisionnelLe compte de résultat sur trois ans, le plan de financement et le plan de trésorerie.
Quels documents financiers préparer ?
- Le plan de financement initial : d'un côté les investissements, rachat du fonds ou droit au bail, licence, travaux, matériel, premier stock, formations, dépôt de garantie, trésorerie de départ ; de l'autre les ressources, apport, prêts, aides.
- Le compte de résultat prévisionnel sur trois ans : chiffre d'affaires, achats de boissons et de denrées, loyer, salaires et charges, énergie, assurances, droits Sacem, amortissements, frais financiers.
- Le plan de trésorerie mois par mois la première année, pour vérifier que vous pourrez payer les charges pendant la montée en puissance et les mois creux.
- Le seuil de rentabilité : le chiffre d'affaires à partir duquel le bar couvre toutes ses charges, à traduire en nombre de clients par jour.
Le détail des postes de dépense est dans l'article quel budget pour ouvrir un bar ? Si vous reprenez un bar existant, les comptes du vendeur servent de base : voir reprendre un bar.
Comment calculer le seuil de rentabilité ?
Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel le bar ne perd plus d'argent. Il se calcule en deux temps :
- additionnez les charges fixes de l'année, celles qui tombent que le bar soit plein ou vide : loyer, salaires et charges sociales, assurances, abonnements, remboursement des emprunts, honoraires ;
- divisez ce total par votre taux de marge, c'est-à-dire la part du chiffre d'affaires hors taxes qui reste une fois payées les boissons et les denrées.
| Étape | Exemple |
|---|---|
| Charges fixes annuelles | 120 000 € |
| Taux de marge sur les achats | 75 % : sur 100 € de ventes HT, 25 € paient les boissons et les denrées |
| Seuil de rentabilité annuel | 120 000 € ÷ 0,75 = 160 000 € HT |
| Par jour d'ouverture, sur 300 jours | 160 000 € ÷ 300 = environ 533 € HT |
Ces montants sont un exemple de calcul. Ramenez ensuite le seuil à un nombre de clients par jour en le divisant par votre ticket moyen : c'est le chiffre que votre banquier comparera à vos observations de terrain. Le taux de marge dépend de vos prix, dont le calcul est expliqué dans l'article fixer ses prix : marge et coefficient.
Quels financements présenter dans le plan ?
- L'apport personnel : votre épargne, celle des associés, parfois l'aide de proches. C'est la première chose que regarde la banque.
- Le prêt bancaire, pour le rachat du fonds, la licence, les travaux et le matériel. Une garantie de Bpifrance peut couvrir une partie du risque de la banque.
- Le prêt d'honneur, accordé à titre personnel et sans intérêt par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre : il renforce l'apport et rassure la banque.
- Les aides aux créateurs : si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) peut vous verser en capital une partie de vos droits restants, 60 % lorsque votre contrat a pris fin à partir du 1er juillet 2023, en deux versements. L'Acre, une exonération partielle de cotisations sociales pendant douze mois, est réservée depuis 2026 à certains publics et se demande dans les 60 jours qui suivent le début d'activité.
- Le brasseur ou le distributeur, qui peut prêter du matériel ou de l'argent contre un engagement d'achat. La clause d'exclusivité est limitée à dix ans par l'article L. 330-1 du code de commerce ; lisez les volumes minimaux et les pénalités avant de signer.
Les formations de l'exploitant entrent aussi dans le plan de financement. Selon votre situation, la formation au permis d'exploitation peut être prise en charge : voir financer sa formation.
Comment présenter le dossier à la banque ?
Un banquier lit de nombreux projets de bars et de restaurants. Le vôtre doit montrer que vous connaissez le métier et que vos chiffres tiennent :
- joignez les pièces qui prouvent vos hypothèses : bail ou promesse de bail, devis des travaux et du matériel, comptes du vendeur en cas de reprise, comptages de clients faits chez les concurrents ;
- présentez deux scénarios, prudent et favorable, et montrez que le scénario prudent permet de rembourser l'emprunt ;
- mettez en avant votre expérience en salle ou au comptoir, et vos formations, dont le permis d'exploitation ;
- rencontrez plusieurs banques, de préférence celles qui financent déjà des cafés et des restaurants dans votre secteur.
Les erreurs à éviter
- un chiffre d'affaires construit à partir de la capacité du bar plutôt que d'observations réelles ;
- des salaires oubliés, en particulier le vôtre ;
- une trésorerie de départ trop juste pour les premiers mois ;
- des travaux de mise aux normes sous-estimés ;
- l'oubli des formations, de la licence ou des assurances dans les investissements.
Préparer mon permis d'exploitation
Questions fréquentes
Le business plan est-il obligatoire pour ouvrir un bar ?
+
Aucune loi ne l'impose, mais la banque le demandera pour tout prêt, et il vous aide à vérifier la rentabilité du projet.
Sur combien d'années faire le prévisionnel ?
+
Trois ans en général, avec un plan de trésorerie mensuel pour la première année.
Comment estimer le nombre de clients ?
+
En observant les flux de passants et la fréquentation des bars concurrents à différents moments de la semaine, puis en restant prudent sur vos propres chiffres.
Faut-il un expert-comptable ?
+
Ce n'est pas obligatoire, mais un expert-comptable rend le prévisionnel plus solide et plus crédible auprès d'une banque.
Les formations font-elles partie du budget ?
+
Oui. Le permis d'exploitation, et la formation en hygiène alimentaire si vous servez à manger, sont des investissements de départ à inscrire au plan de financement.
Comment calculer le seuil de rentabilité d'un bar ?
+
En divisant les charges fixes annuelles par le taux de marge sur les achats. Le résultat, divisé par le nombre de jours d'ouverture puis par le ticket moyen, donne le nombre de clients à servir chaque jour.
Un brasseur peut-il financer un bar ?
+
Oui, en prêtant du matériel ou de l'argent contre un engagement d'achat. La clause d'exclusivité ne peut pas dépasser dix ans.