Quel budget pour ouvrir un bar ?
Le budget d'ouverture d'un bar varie énormément selon l'emplacement, la surface, l'état du local et la licence : un petit café de village repris en l'état ne demande pas le même investissement qu'un bar à cocktails créé de toutes pièces en centre-ville. Plutôt qu'un chiffre moyen qui ne vous servirait à rien, voici la liste des postes à chiffrer, ceux que l'on oublie souvent et les solutions de financement.
L'essentiel
- Les postes les plus lourds sont en général le local, droit au bail ou rachat du fonds, les travaux et, si vous voulez servir des spiritueux, la licence IV.
- Les formations obligatoires, les assurances, les honoraires et le premier stock font partie du budget de départ.
- Prévoyez une trésorerie de démarrage pour tenir les premiers mois, le temps que la clientèle s'installe.
- Le financement combine en général un apport personnel, un prêt bancaire et, parfois, des prêts d'honneur ou des aides à la création.

Quels sont les postes du budget d'ouverture ?
| Poste | Ce qu'il comprend | Ce qui fait varier le montant |
|---|---|---|
| Le local | rachat du fonds de commerce, ou droit au bail et dépôt de garantie | l'emplacement, la surface, la clientèle existante |
| La licence | licence III à créer, ou licence IV à racheter | la commune et le nombre de licences disponibles |
| Les travaux | mise aux normes de sécurité et d'accessibilité, électricité, ventilation, isolation acoustique, sanitaires | l'état du local et l'activité prévue |
| L'aménagement | comptoir, mobilier, décoration, enseigne, terrasse | le concept et le niveau de finition |
| Le matériel | froid, machine à café, lave-verres, tireuse, sonorisation, caisse | neuf ou d'occasion, acheté, loué ou prêté par un fournisseur |
| Le premier stock | boissons, consommables, denrées si vous servez à manger | la taille de la carte |
| Les formations | permis d'exploitation, hygiène alimentaire si restauration | le nombre de personnes à former |
| Les frais de création | statuts, immatriculation, annonces légales, honoraires de l'avocat et de l'expert-comptable | la forme de la société et l'accompagnement choisi |
| Les assurances | responsabilité civile, multirisque, perte d'exploitation | l'activité, les horaires, la musique, la terrasse |
| La trésorerie de départ | loyers, salaires et charges des premiers mois | la vitesse de montée en puissance |
Le local et la licence
Reprendre un bar en activité coûte le prix du fonds de commerce, mais vous apporte une clientèle, un local aménagé et en général la licence : notre article reprendre un bar détaille ce qu'il faut vérifier. Créer un bar dans un local nu demande le droit au bail, des travaux plus lourds et une licence : une licence III peut encore être créée dans la plupart des communes, tandis qu'une licence IV, nécessaire pour les spiritueux, doit être rachetée. Son coût est expliqué dans l'article quel est le prix d'une licence 4 ?
Les travaux et le matériel
Un bar est un établissement recevant du public : les travaux de mise aux normes de sécurité incendie et d'accessibilité sont souvent le poste le plus sous-estimé. Si vous diffusez de la musique, une étude de l'impact des nuisances sonores peut imposer des travaux d'isolation et un limiteur de son, comme l'explique l'article bruit et musique dans un bar.
Pour le matériel, plusieurs solutions allègent l'investissement : la tireuse à bière et parfois le froid peuvent être mis à disposition par un brasseur ou un distributeur contre un engagement d'achat, la machine à café par un torréfacteur. Pesez bien les engagements que ces contrats impliquent. La caisse doit utiliser un logiciel conforme aux obligations fiscales.
Les postes que l'on oublie souvent
- Les formations obligatoires : le permis d'exploitation, 499 € pour la formation en 3 jours, et la formation en hygiène alimentaire, 399 €, si vous servez à manger. Elles peuvent être prises en charge : voir financer sa formation.
- Les droits liés à la musique, à déclarer à la Sacem dès l'ouverture.
- Les assurances, détaillées dans l'article quelle assurance pour un bar ?
- Les affichages obligatoires et la signalétique : voir les affichages obligatoires d'un bar.
- Votre propre rémunération pendant les premiers mois, souvent absente des budgets.
- Une marge pour les imprévus sur les travaux.
Créer ou reprendre : deux budgets différents
| Poste | Création dans un local nu | Reprise d'un bar en activité |
|---|---|---|
| Le local | droit au bail et dépôt de garantie | prix du fonds de commerce, qui comprend la clientèle et souvent le bail |
| La licence | licence III à créer, ou licence IV à racheter à part | en général comprise dans la cession |
| Les travaux | souvent lourds : mise aux normes et aménagement complet | plus légers, mais à vérifier : un local ancien peut cacher une mise aux normes |
| Le matériel | tout à acheter, à louer ou à obtenir d'un fournisseur | repris avec le fonds, à inventorier et à faire contrôler |
| Le délai avant les premières recettes | plusieurs mois de travaux et de démarches | plus court : le bar tourne dès la reprise |
| Les frais liés à l'achat | frais de bail et honoraires | droits d'enregistrement sur la cession et honoraires de l'acte |
La reprise coûte souvent plus cher à l'achat, mais elle rapporte plus tôt. Comparez les deux options sur la même durée, en comptant les mois sans chiffre d'affaires d'une création.
Les charges à prévoir chaque mois après l'ouverture
Le budget ne s'arrête pas au jour de l'inauguration. Chiffrez aussi les charges courantes, qui alimenteront votre plan de trésorerie :
- le loyer et les charges locatives ;
- les salaires et les cotisations sociales, y compris votre propre rémunération ;
- les achats de boissons et de denrées ;
- l'énergie, souvent élevée dans un bar à cause du froid et des machines ;
- les assurances, les droits de diffusion de la musique et les abonnements : téléphone, internet, terminal de paiement, logiciel de caisse ;
- l'entretien : nettoyage des lignes de la tireuse, maintenance des machines, vérification des installations de sécurité ;
- l'expert-comptable, la banque et les remboursements d'emprunt ;
- les impôts locaux : la cotisation foncière des entreprises n'est pas due l'année de la création, mais elle l'est les années suivantes.
Comment réduire le budget de départ ?
- Le matériel d'occasion, révisé par un professionnel, pour le froid, le lave-verres ou le mobilier.
- La mise à disposition par un fournisseur, pour la tireuse ou la machine à café, en mesurant bien l'engagement d'achat demandé.
- La négociation du bail, par exemple une franchise de loyer pendant les travaux.
- Une ouverture par étapes : démarrer avec une carte courte, puis ajouter la terrasse ou la restauration une fois la clientèle installée.
- Une réserve pour imprévus, qui ne réduit pas le budget mais évite qu'un dépassement de travaux mette le projet en péril.
Chaque économie se vérifie dans le prévisionnel : un matériel loué coûte moins au départ, mais pèse sur les charges de chaque mois.
Comment financer l'ouverture d'un bar ?
- L'apport personnel, que la banque regarde en premier : il montre votre engagement dans le projet.
- Le prêt bancaire, pour le fonds, les travaux et le matériel, souvent accompagné d'une garantie.
- Les prêts d'honneur, sans intérêt et sans garantie personnelle, accordés par des réseaux d'aide à la création d'entreprise, qui facilitent l'obtention du prêt bancaire.
- Les aides à la création ou à la reprise : exonération partielle de charges sociales au démarrage, sous conditions, et maintien d'une partie des allocations si vous étiez demandeur d'emploi ; renseignez-vous auprès de France Travail et de l'Urssaf.
- Le crédit-bail ou la location pour une partie du matériel.
Pour convaincre la banque, présentez un dossier solide : notre article comment faire le business plan d'un bar ? vous guide pas à pas. Pour un projet de café, l'article ouvrir un café reprend les étapes dans l'ordre.
Questions fréquentes
Combien coûte l'ouverture d'un bar ?
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Il n'y a pas de montant type : il dépend surtout du local, des travaux et de la licence. Chiffrez chaque poste de la liste ci-dessus pour votre projet.
Quel est le poste le plus souvent sous-estimé ?
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Les travaux de mise aux normes de sécurité et d'accessibilité, et la trésorerie nécessaire pour tenir les premiers mois.
Reprendre un bar coûte-t-il moins cher que d'en créer un ?
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Pas toujours en prix d'achat, mais la reprise apporte une clientèle, un local aménagé et souvent la licence, ce qui réduit les travaux et le délai d'ouverture.
Les formations obligatoires peuvent-elles être financées ?
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Oui, selon votre situation : par France Travail, par l'OPCO de votre employeur ou par le fonds de formation des chefs d'entreprise.
Faut-il un apport pour ouvrir un bar ?
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En pratique oui : la banque demande presque toujours un apport personnel pour accorder un prêt.
La cotisation foncière des entreprises est-elle due la première année ?
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Non, pas l'année de la création. Elle est due à partir de l'année suivante : inscrivez-la dans votre prévisionnel.
Une reprise entraîne-t-elle des frais en plus du prix du fonds ?
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Oui : les droits d'enregistrement sur la cession, les honoraires de l'acte et, souvent, des travaux de remise en état.