Recruter un barman : salaire, fiche de poste, formation
Un bon barman fait la réputation d'un bar : il sert vite, conseille, tient le comptoir propre et sait refuser un verre de trop. Le recruter demande de bien décrire le poste, de connaître les règles de la convention collective des cafés et restaurants, et de vérifier quelques interdictions propres aux débits de boissons. Voici les étapes, du profil recherché au premier jour.
L'essentiel
- Le salaire d'un barman suit la grille de la convention collective des hôtels, cafés et restaurants, et ne peut pas être inférieur au Smic.
- Une fiche de poste claire décrit le service, la préparation, l'hygiène du comptoir et les règles sur l'alcool.
- Les formations reconnues incluent le CQP barman de la branche ; l'expérience compte souvent autant que le diplôme.
- Un mineur ne peut pas être affecté au service du bar, sauf exceptions encadrées.

Quel est le rôle d'un barman dans un bar ?
Le barman prépare et sert les boissons, au comptoir comme en salle. Selon le bar, il réalise aussi les cocktails, conseille les clients sur la carte, encaisse, gère les stocks du comptoir et participe à la mise en place et au rangement. Il est souvent le premier interlocuteur des clients, et celui qui applique au quotidien les règles de l'établissement : refuser de servir un mineur ou une personne ivre, rappeler l'heure de fermeture, garder le comptoir propre.
Que mettre dans la fiche de poste ?
Une fiche de poste évite les malentendus et sert de base à l'annonce comme au contrat. Elle précise :
- les missions : service au comptoir et en salle, préparation des boissons et des cocktails, encaissement, mise en place, réception des livraisons, entretien de la tireuse à bière ;
- l'hygiène : lavage des verres, gestion des glaçons, propreté du plan de travail, détaillés dans notre article sur l'hygiène dans un bar ;
- les règles sur l'alcool : vérification de l'âge, refus de servir une personne ivre, respect des horaires ;
- les conditions : horaires, jours de repos, travail de nuit et du week-end, tenue, rémunération et avantages en nature.
Combien gagne un barman ?
Le salaire d'un barman relève de la convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants, dite convention HCR. Elle classe les postes par niveau et par échelon et fixe un salaire minimum pour chacun ; aucun salaire ne peut être inférieur au Smic. En début de carrière, la rémunération est souvent proche de ce minimum. Elle augmente avec l'expérience, les responsabilités, la ville et le type d'établissement : un chef barman ou un barman dans un bar à cocktails réputé est nettement mieux payé.
La convention HCR prévoit aussi des règles propres au secteur : avantage en nature repas, majorations pour les heures supplémentaires, jours fériés, complémentaire santé. Consultez la grille en vigueur avant de fixer le salaire, et intégrez le coût total employeur dans votre budget.
Quelle formation pour un barman ?
Le métier s'apprend en formation comme sur le terrain. Parmi les formations reconnues, le CQP barman, certificat de qualification professionnelle de la branche des hôtels, cafés et restaurants, valide les compétences du service au bar. Il existe aussi des formations de barman et de bartender dans les écoles hôtelières et les centres de formation, du stage court à la formation longue.
Pour un poste au comptoir d'un bar de quartier, l'expérience, l'aisance avec les clients et la rigueur comptent souvent autant que le diplôme. Pour un bar à cocktails, la maîtrise technique devient décisive.
Le barman n'a pas besoin du permis d'exploitation : celui-ci concerne l'exploitant. Un barman qui veut un jour ouvrir son propre bar devra suivre la formation au permis d'exploitation.

Peut-on embaucher un mineur au bar ?
Le code du travail interdit d'employer un mineur, ou de l'accueillir en stage, pour le service du bar dans un débit de boissons à consommer sur place. Deux exceptions existent :
- le conjoint de l'exploitant et les membres de sa famille jusqu'au quatrième degré ;
- les jeunes de plus de seize ans qui suivent une formation comportant des périodes en entreprise et menant à un diplôme ou à un titre professionnel, dans un établissement qui a obtenu un agrément à cet effet.
Hors du service du bar, un mineur peut travailler dans l'établissement, en salle ou en cuisine, dans le respect des règles générales sur le travail des jeunes, en particulier les horaires de nuit. Le sujet de l'alcool et des mineurs côté clients est traité dans l'article mineurs et alcool au bar.
Quelles démarches pour embaucher ?
- Rédiger le contrat de travail, à durée indéterminée ou déterminée, ou un contrat d'extra pour les renforts ponctuels, dans les cas prévus par la convention.
- Faire la déclaration préalable à l'embauche auprès de l'Urssaf avant la prise de poste.
- Inscrire le salarié au registre unique du personnel et organiser sa visite d'information et de prévention.
- Affilier le salarié à la complémentaire santé et au régime de prévoyance prévus par la convention.
- Afficher les informations obligatoires pour les salariés, en plus des affichages obligatoires du bar.
Extras et saisonniers
Pour les renforts d'un soir ou d'un week-end, l'hôtellerie et la restauration font partie des secteurs où le contrat à durée déterminée d'usage est autorisé, dans les conditions prévues par la convention collective : c'est le contrat d'extra. Chaque embauche, même pour quelques heures, demande une déclaration préalable à l'Urssaf et un contrat écrit. Pour une saison d'été ou de ski, le contrat saisonnier est l'outil adapté. Dans les deux cas, le salarié doit connaître les règles de la maison sur l'alcool avant son premier service.
Horaires, nuit et repos
- la durée du travail, les heures supplémentaires et les repos suivent la convention collective des hôtels, cafés et restaurants ;
- le travail du dimanche est possible dans les débits de boissons, avec un repos hebdomadaire par roulement ;
- un salarié qui travaille régulièrement la nuit bénéficie d'un suivi de santé adapté et des contreparties prévues par la convention ;
- un jeune de moins de 18 ans ne peut pas travailler de nuit : ni entre 22 heures et 6 heures à partir de 16 ans, ni entre 20 heures et 6 heures avant 16 ans, sauf dérogations limitées dans l'hôtellerie et la restauration.
Comment réussir l'intégration ?
Le premier service se prépare : présentez la carte et les prix, la façon de servir la pression, les règles de caisse, les consignes d'hygiène et la conduite à tenir face à un client ivre ou à un mineur. Une courte fiche des règles de la maison, affichée derrière le comptoir, aide les nouveaux comme les extras. Un barman bien formé protège votre licence : les infractions commises au comptoir engagent la responsabilité de l'exploitant, comme l'explique l'article client ivre au bar : que risque l'exploitant ?
Pour organiser le travail de l'équipe et le prix des consommations, voyez aussi fixer ses prix : marge et coefficient et le guide gérer un bar au quotidien.
Se former au permis d'exploitation
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum d'un barman ?
+
Celui de la grille de la convention collective des hôtels, cafés et restaurants pour son niveau et son échelon, et jamais moins que le Smic.
Un barman doit-il avoir le permis d'exploitation ?
+
Non. Le permis d'exploitation est obligatoire pour l'exploitant du bar, pas pour les salariés qui servent.
Peut-on employer un mineur derrière le bar ?
+
Non, sauf pour la famille proche de l'exploitant et pour les plus de seize ans en formation dans un établissement agréé.
Faut-il un diplôme pour être barman ?
+
Ce n'est pas obligatoire. Le CQP barman et les formations hôtelières sont appréciés, mais l'expérience compte beaucoup.
Qui est responsable si un barman sert un client ivre ?
+
L'exploitant reste responsable de ce qui se passe dans son établissement. D'où l'importance de former l'équipe aux règles sur l'alcool.
Peut-on embaucher un extra pour une seule soirée ?
+
Oui, avec un contrat d'extra, autorisé dans l'hôtellerie et la restauration, après une déclaration préalable à l'embauche.
Un mineur peut-il travailler le soir dans un bar ?
+
Pas au service du bar, sauf exceptions, et pas la nuit : le travail est interdit après 22 heures à partir de 16 ans, sauf dérogations limitées dans l'hôtellerie et la restauration.